Vive les champions !

Voila c’est confirmé, en France on bat des records. C’est chez nous que les enseignants du primaire ont le plus grand nombre d’heures de cours par an pour les salaires les plus bas :

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Prime Peillon : La goutte d’eau …

Après avoir fait miroiter une prime de 400 euros aux professeurs des écoles, Vincent Peillon vient de préciser que le montant devrait-être « très faible » se situant aux alentours plus  vraisemblablement de 100 à 200 euros annuels. Au départ cette prime avait pour objet de réduire les inégalités de traitements entre les enseignants du 1er degré et du secondaire. Mais la prime dans le secondaire (ISOE) s’élève à 1200 euros par an.

Petite question à Vincent Peillon, un enseignant de primaire vaut-il six à dix fois moins qu’un enseignant du secondaire ?

N’oublions pas, par ailleurs, que les enseignants du primaire en France sont parmi les plus mal payés d’Europe. Ainsi, le salaire annuel des professeurs allemands, représente pratiquement le double de celui des professeurs français qui passent pourtant plus d’heures devant les élèves.

La « réforme » des rythmes scolaires a mobilisé toute l’attention et a permis de masquer la disparition de l’idée même de refondation. L’ambition du départ à fait place à de simples formules et la refondation semble se réduire à une opération de communication.

François Hollande avait promis le rétablissement des postes du Rased (environ 5000 suppressions entre 2008 et 2012) et c’est 72 postes qui sont créés à la rentrée 2013.

Après avoir dénoncé l’indigence des programmes de 2008, on apprend qu’ils ne seront pas modifiés avant 2015.

Pour lutter contre l’échec scolaire, le ministère a mis en avant la mise en œuvre pour septembre 2013 du dispositif « plus de maîtres que de classes », car c’est l’un des piliers de la loi de « refondation » de l’école .

Oui mais concrètement dans chaque département  ils sont combien ? Une poignée de postes voir aucun selon les zones (urbaines ou rurales) et les départements. la loi de programmation qui attribue 7000 postes sur 5 ans au « plus de maîtres que de classes » (soit une moyenne de 1400 postes par an) ce traduit sur le terrain par la création de seulement 759 postes à la rentrée prochaine.

Le ministère rétablit la formation initiale avec la création des ESPE ( Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education) mais oublie la formation continue à l’abandon depuis de nombreuses années …

Alors oui, la déception fait place à l’écœurement et cette prime dérisoire qu’on envisage de verser aux professeurs des écoles et la goutte de trop …

la pyramide de l’Education Nationale : Pierre Frackowiak

Une analyse du fonctionnement immuable de l’Education Nationale où les ordres depuis toujours, dégringolent du haut vers le bas :

« Tout part toujours du haut. Par un système de tuyaux d’orgue immuable, le sommet impose ses vues, ses notes de service, ses contrôles de conformité et d’obéissance, sa pensée unique. La concertation, c’est au sommet, et tout le monde joue le jeu. La démocratie représentative est tellement sûre d’elle qu’elle permet à tous les sommets de penser qu’ils représentent légitimement et réellement la base. Si bien que lorsque l’on a consulté le sommet, il semble inutile de consulter la base. Elle a été consultée au sommet. »

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Le billet complet, à lire absolument : http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/la-pyramide

Comment refonder en profondeur l’école tout en gardant toujours les mêmes hauts fonctionnaires aux mêmes postes?

Aujourd’hui Alain Boissinot est chargé par le Ministre V. Peillon de préparer l’installation du CSP (Conseil Supérieur des Programmes).

Déjà, en 1994, A. Boissinot entre au cabinet du ministre de l’Éducation Nationale François Bayrou. Chargé des questions pédagogiques, il devient membre du Conseil national des programmes de l’époque.

Ensuite, il est appelé par Luc Ferry pour être son directeur de cabinet de 2002 à 2004.

Et on dit que les enseignants sont des conservateurs ?

A l’Éducation Nationale, en haut de la pyramide, le changement c’est pas pour maintenant !

En vérité a-t-on jamais eu réellement la volonté de refonder l’école en profondeur ?

Les enseignants sont-ils responsables de la baisse du niveau des élèves (voir les évaluations Pisa) ? Sont-ils responsables du contenu des programmes ? Sont-ils responsables de la politique éducative ? Sont-ils responsables de ce jeu de chaises musicales, où le recteur de telle Académie devient ensuite conseillé du ministre avant de laisser sa place à un autre recteur et ainsi de suite.

Les mêmes conseillés entourent les ministres successifs.

Quelques soient leurs qualités personnelles et professionnelles, peuvent-ils remettre en question leurs propres actions ? juger en toute objectivité ce qu’ils ont eux- mêmes initié ? Renier ce qu’ils ont mis en place précédemment? …

Quel est donc le véritable pouvoir d’un ministre de l’Éducation nationale ?

Voilà pourquoi malgré les changements de gouvernements et de ministres la politique éducative (en profondeur et en réalité) reste, au delà des mots, toujours la même.

Voilà pourquoi sans doute était-il si «urgent» de revoir les rythmes scolaires avant les programmes.

Et enfin, voilà pourquoi j’ai peu d’espoir en ce qui concerne le Conseil Supérieur des Programmes qui sera chargé en 2015 de les « réviser » …

Le langage priorité de l’école maternelle : OUI … mais comment ?

A l’école maternelle les enfants découvrent les bases de la lecture, de l’écriture et de la numération mais la priorité est donnée au langage. École a part entière,  la maternelle se caractérise aussi par une pédagogie spécifique, où de nombreuses compétences et de nombreux savoirs  s’acquièrent et se développent à travers le jeu, le faire, l’action.

Mais élaborer une pédagogie du langage avec un effectif de 30 enfants dont la plupart sont des « petits parleurs » ou issus de familles non francophone n’est pas chose aisée. Le nombre d’interactions langagières est trop souvent limité du fait du nombre d’élèves. Pourtant il faut  aider chacun à construire son langage afin de parvenir à une certaine maîtrise de l’oral pour éviter l’échec au cours préparatoire lors de l’apprentissage de la lecture.

Encore faut-il que l’acte de communiquer ait un sens pour ces enfants auxquels parfois les adultes s’adressent peu ou pas. Trop nombreux sont les parents qui devancent les désirs de leurs enfants sans leur laisser l’occasion de les exprimer ou répondent aux questions à leur place. D’autres les manipulent comme des objets sans leur adresser la parole attrapant à 16h30 le manteau du petit d’une main sans lâcher le téléphone portable de l’autre. La plupart oublient de reformuler les propos maladroits de leur enfant « puisqu’ils l’ont compris » cela leur semble inutile et pourtant … Ainsi, la petite élève d’une de mes collègues, croisée récemment dans la rue, s’est elle exclamée en me voyant, sans que sa maman ne corrige ses dires: « Regarde c’est l’école ! » alors qu’il aurait été si simple de lui préciser « Non, ce n’est pas l’école, c’est une maîtresse qui travaille dans l’école ». De plus en plus nombreux sont les élèves de 3 ans qui ne possèdent pas les 700 mots qu’on peut attendre d’un enfant de leur âge.

Pour tous ces enfants il est urgent d’agir ! Oui … mais comment ?

Comment aider les enfants à enrichir leur vocabulaire? Comment les aider à formuler des phrases de plus en plus complexes? Comment créer des situations de langage qui ne soient pas artificielles?  Tel est le défi lancé aux enseignants de l’école maternelle.

Pourtant depuis que j’enseigne en maternelle je n’ai bénéficié que d’une seule animation pédagogique de 3 heures sur le sujet. Il est vrai que depuis environ quarante ans on a abandonné le recrutement et la formation spécifiques d’un corps d’inspecteurs des écoles maternelles. Et lors de ma formation à l’IUFM, il y a bientôt vingt ans, je n’ai pas le souvenir d’avoir abordé une seule fois les spécificités de l’école maternelle ou la pédagogie du langage. C’est uniquement grâce à mes lectures personnelles et à mon expérience de classe au fil des ans que j’ai pu « bricoler » ma propre pédagogie du langage au jour le jour.

Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat dans le primaire réclame « des plans de formation continue très robustes dès la rentrée ». En effet il est urgent de proposer une véritable formation continue de qualité aux enseignants désireux de perfectionner leurs pratiques. On demande aux enseignants de s’adapter et d’évoluer en permanence mais rien n’est proposé pour les accompagner. Le ministre dit vouloir donner « la priorité à l’école primaire » et réhabilite la formation initiale avec la mise en place des ESPE (écoles supérieures du professorat et de l’éducation).

Mais il faut aussi réanimer de toute urgence la formation continue si on veut refonder l’école en profondeur. Sinon, comment transmettre à tous les acteurs du terrain les outils pédagogique  performants et innovants ? Pour l’instant, la seule piste envisagée pour renforcer la formation continue semble être une formation numérique à distance de 9 heures. Quel dommage ! Comment alors, partager les bonnes pratiques, confronter et mutualiser les expériences avec les collègues, seul(e) chez soi devant son écran d’ordinateur ?


 

Plus de maîtres que de classes : Concrètement à la rentrée 2013

La mise en place de dispositifs « plus de maîtres que de classes » est une dimension importante de la priorité donnée, dans le cadre de la refondation de l’école, à l’école primaire et à la maîtrise des compétences de base. Des moyens en enseignants seront mobilisés à cette fin dès la rentrée 2013 et tout au long de la législature. (circulaire n° 2012-201 du 18-12-2012)

Ainsi, le ministère met-il en avant la mise en œuvre pour septembre 2013 du « plus de maîtres que de classes », car c’est l’un des piliers de la loi de « refondation » de l’école Oui mais concrètement dans chaque département  ils sont combien ?

Capture d’écran 2013-04-11 à 17.36.20source Se-Unsa

Une poignée de postes voir aucun selon les zones (urbaines ou rurales)

Réforme des rythmes scolaires : Pour éviter les dérives il faut limiter la durée de la pause méridienne

Avec la modification des rythmes scolaires repoussée à la rentrée 2014 dans de nombreuses communes, enseignants et parents soulagés, respirent. Mais il ne faudrait pas oublier pour autant, que les maires en coulisse, épaulés par les directeurs académiques des services de l’éducation nationale (DASEN), réfléchissent déjà à cette modification de la semaine de classe pour 2014.

Les impératifs financiers et organisationnels poussent nombre d’entre eux à envisager prioritairement une pause méridienne d’une durée de 2h45.

Ainsi, cette allongement décrié aussi bien par les chronobiologistes, les parents et les enseignants pourrait-il bien devenir la règle en 2014. Le réveil risque d’être douloureux.

Alors pour éviter que les animations périscolaires de qualités souhaitées par le ministre ne se transforment en récréation géante sous le préau à l’heure du déjeuner, il est urgent d’ajouter au décret sur les rythmes une limitation de la durée de la pause méridienne.

Cette réforme à la carte risque de produire des effets catastrophiques pour les enfants. Les «animateurs» chargés de la surveillance sur le temps de cantine pourraient voir leur  temps de service augmenté de 45 minutes et à défaut d’activités périscolaires de qualité on risque d’assister à une explosion de petits accidents divers et de bagarres.

Comment peut-on sérieusement imaginer que la pause méridienne allongée puisse-être bénéfique pour le bien être des enfants ?

Comment peut-on penser que le temps de cantine, qui s’effectue le plus souvent dans un bruit assourdissant, suivi d’un temps de récréation anxiogène interminable puisse diminuer la fatigue des élèves et favoriser leur réussite ? Il faut avoir quitter les bancs de l’école depuis fort longtemps pour l’envisager sérieusement !

Enfin il serait bon de mettre un terme à cette rumeur qui affirme à l’envi que le retour à la semaine de 4,5 jours et au mercredi matin travaillé constitue juste un retour à la situation antérieure à 2008

C’est absolument faux !

Le retour à la semaine de 4,5 jours c’est le maintien de la respiration du mercredi chômé et le retour au samedi matin travaillé. Mais choisir le retour au samedi matin travaillé n’est pas du goût de nombreux parents, de certains professionnels du tourisme et de quelques collègues.

Électoralement cela comporte sans doute des risques pour les maires qui disposent néanmoins d’une dérogation possible pour choisir l’option du samedi matin travaillé.

Auront-ils le courage politique de revenir réellement à la situation antérieure à 2008 ?

Où mettront-il en place, avec l’accord bienveillant des DASEN, la réforme des rythmes scolaires adaptée aux adultes ?