Pourquoi je ferai grève jeudi 14 novembre

Beaucoup de collègues, à juste titre, craignent que cette grève soit récupérée politiquement par l’Ump. Ainsi, le Maire de Nice Christian Estrosi a-t-il appelé « tous les maires du département à soutenir la grève nationale de Jeudi ». Quelle hypocrisie et quel opportunisme politique de la part d’un ex membre de gouvernement  dont l’action principale en matière d’éducation s’est limitée à un démantèlement systématique de l’École  (réduction aveugle du nombre d’enseignants, disparition des Rased, développement du caporalisme…)

Même si je crains, moi aussi, que certains, localement et nationalement, à des fins électorales, tirent profit de ma participation à la grève, c’est bien le seul moyen qui me reste pour faire entendre mon mécontentement.

Car malgré l’alternance politique je ne suis pas plus, aujourd’hui qu’hier, consultée sur le devenir de l’école.

Dans la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, tout se joue entre les maires et les Dasen. L’expertise des enseignants n’est pas souhaitée. Le ministre fait la sourde oreille et annonce que la réforme se passe bien dans 93,5% des communes malgré des remontées catastrophiques.

Le décret malgré les recommandations de l’Académie de médecine rend le mercredi matin travaillé obligatoire au lieu du samedi .

Vincent Peillon refuse de transformer les neuf  demi- journées de classe en cinq jours ce qui permettrait une plus grande souplesse dans l’organisation de la semaine de classe (comme par exemple: libérer une après-midi complète pour le travail en équipe et la mise en place d’activités périscolaires de qualités se déroulant en dehors de l’école). Mais cette souplesse impliquerait une marque de confiance vis à vis des enseignants du 1er degré. Confiance dont bénéficient les enseignants du secondaire nullement tenu de faire classe sur neuf demi- journées. Pourquoi une telle différence de traitement ? La puissance syndicale n’est sans doute pas étrangère à l’affaire.

Rien n’est prévu par le gouvernement pour organiser une péréquation entre les villes riches et les villes pauvres afin de garantir un minimum d’égalité sur le territoire. Enfin, on semble penser en haut lieu que la modification des rythmes scolaires pourra régler le problème de l’échec scolaire ! Oubliant au passage d’autres leviers essentiels, comme la réduction du nombre d’élèves par classe, la remise en marche des réseaux d’aides, la fin des injonctions contradictoires …

La refondation de l’école que nous promettait le gouvernement se transforme peu à peu en une réforme cosmétique qui mécontente tout le monde et ne fera qu’accentuer les inégalités.

Le combat pour l’école est aussi mon combat

C’est pour cela que Jeudi 14 novembre je ferai grève !

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