Les professeurs des écoles sont-ils des privilégiés ?

Alors qu’une étude de l’économiste Robert Gary-Bobo a mis en évidence que  le pouvoir  d’achat du salaire net des professeurs a baissé de 20 % entre 1981 et 2004 et qu’il faudrait donc revaloriser les salaires d’au moins 40 % en 2014, pour que les enseignants retrouvent, sur leur cycle de carrière, les mêmes espérances de gains que leurs aînés, recrutés en 1981, Vincent Peillon aurait envisagé le gel temporaire de l’avancement des fonctionnaires.

Par contre rien ne semble à l’étude au niveau du ministère pour réduire les différences de traitements et de salaires qui perdurent entre les enseignants du 1er et du second degré alors que le niveau d’études requis pour le concours est le même.

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Source SNUipp-FSU

 Au contraire, la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, généralisée à l’ensemble du territoire dès la rentrée 2014 va engendrer des coûts supplémentaires pour les enseignants du 1er degré (frais de garde, cantine, frais de déplacement…) et cela sans aucune contrepartie financière. Pourtant Vincent Peillon proposait en 2009 dans son Pacte pour l’école en contrepartie  de la réforme des rythmes scolaires, une revalorisation salariale de l’ordre de 50% pour les enseignants.

Par ailleurs, certaines communes qui boycottent la réforme n’ont pas encore fait connaître aux DASEN leurs horaires pour  l’année scolaire 2014/2015. Les enseignants comme les parents ne savent donc rien quant à l’organisation de la semaine pour la rentrée prochaine. Seule certitude aucun projet éducatif territoriale ne sera mis en place. Dans « le meilleur des cas » on peut espérer qu’un temps de garderie sera proposé. Sera-t-il gratuit ? Rien n’est moins sûr.

Dans un même département, les disparités entre les écoles sont énormes. Dans certaines communes qui ont déposé leurs horaires pour 2014, si les heures de sorties des classes peuvent être variables, il en va de même pour la pause méridienne ou le début des cours.

Ainsi, dans les Alpes Maritimes, certains écoliers démarreront la classe à 8h20 tandis que les autres patienteront jusqu’à 9h. La pause méridienne durera 1h30 à Beausoleil tandis qu’elle s’éternisera jusqu’à 2h45  à la Bollène Vésubie. A Auribeau-sur-Siagne, les enfants finiront chaque jour la classe à 15h10  mais pour les écoliers de La Brigue il faudra attendre 16h30 pour ranger le cartable … Un vrai casse tête en perspective pour les parents d’élèves, les enseignants nommés sur plusieurs écoles et parfois plusieurs communes ainsi que les enseignants chargés des remplacements (Zil ou brigades)

A l’heure où le gouvernement envisage même de revenir sur les 60.000 recrutements prévus à l’Éducation nationale, on se dit que le choix de modifier les rythmes scolaires pour démarrer le chantier de la refondation de l’école n’était décidément pas des plus judicieux. Concrètement sur le terrain, c’est du grand n’importe quoi.

Les enseignants qui ne cessent de voir diminuer leur pouvoir d’achat  vont pouvoir bientôt constater une nette dégradation de leurs conditions de travail. Les effectifs de classe eux ne bougent pas et les Rased sont toujours portés disparus.

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